Harnes : les deux boulets que traîne Philippe Duquesnoy

A peine en termine-t-il avec son premier mandat que deux Harnésiens sur trois ne font déjà plus confiance au maire sortant, du moins si l’on s’en tient au score réalisé au premier tour. Pas vraiment étonnant avec le bilan que l’homme présentait aux électeurs. Un bilan bien peu flatteur, malgré les quelques coups de pinceau donnés à-la-va-vite pour faire diversion dans la campagne électorale. Une fois ôtée la couche du vernis racoleur, la toile badigeonnée de l’égocentrisme et de la désinvolture de Philippe Duquesnoy réapparaît aussitôt.

Colonne_duqLa prise de pouvoir du socialiste avait coïncidé avec la mise au rebut illico presto des colonnes d’information en forme de lampes de mineurs installées devant la mairie. Cette triste affaire avait fait grincer pas mal de dents en ville, et même au-delà de ses frontières, d’autant plus que l’une des colonnes fut bien vite remplacée par un mât portant le drapeau de l’Union européenne.

Comprenne qui pourra cette posture grand-guignolesque et irrespectueuse de Philippe Duquesnoy, sans doute aveuglé par la hargne d’effacer à tout prix l’une des traces laissées par l’ancienne municipalité. Faisant fi de l’hommage rendu par la communauté harnésienne à sa corporation minière, le nouveau maire avait lamentablement raté son entrée en scène. Cette bourde n’était en fait que la première d’une longue série.

Dès mars 2008, Philippe Duquesnoy s’est drapé dans ses certitudes en faisant souvent des choix aventureux et inadaptés aux réels besoins des Harnésiens. Après avoir fait illusion avec la police municipale, il s’est engouffré dans la voie de multiples recrutements – pas toujours utiles, voire controversés – pendant que des communaux connaissaient un sort identique à celui des lampes à carbure. Résultat : le budget salarial de la ville a gonflé d’un tiers en six ans et l’ambiance sereine qui régnait dans les services est devenue morose.

Le CCAS, la MIC et l’EHPAD ont été implantés dans des lieux ne convenant ni aux usagers, ni aux riverains et, surtout, sans que ceux-ci ne soient vraiment consultés. Le socialiste avait pourtant créé des comités de quartiers à son arrivée. Conclusion : ces comités servaient plus à la promotion du maire qu’à la concertation avec les citoyens. Quant à la Gazette, elle s’est vite transformée en un journal people à la gloire du maître des lieux, ne reflétant même plus l’intégralité des débats du conseil municipal. Qu’est devenue la démocratie promise par le futur maire ? Réponse : elle est passée à la trappe !

Plus inquiétante est l’aspiration de Philippe Duquesnoy à lancer des projets grandiloquents à quelques mois de la fin de son mandat, histoire d’appâter le client avant les élections. Salle_sportsPour clore ses six ans de règne en apothéose, il s’est entiché du démarrage de la salle de sports régionale – à laquelle tous les Harnésiens n’auront pas accès quotidiennement – et de la nouvelle médiathèque, laissant à d’autres que lui la charge de devoir régler l’ardoise plus tard. Une ardoise qui sera corsée, n’en doutons pas. Gare à nos impôts !

Sans doute est-ce la raison essentielle ayant poussé le maire sortant à rester très évasif sur le volet des finances, que ce soit avec les conseillers – y compris ses amis – ou auprès de la population. S’il est acquis que les 5 millions d’emprunts figurant au budget 2013 ne seront payés qu’en 2014 ou en 2015, la dette de la ville a bel et bien augmenté de 60% avant les élections municipales. Les Harnésiens l’ignoraient, mais sûrement pas le premier magistrat et son fort en maths d’adjoint aux finances ! Si l’ancienne conseillère du PG n’en savait pas plus que les citoyens, il ne lui reste que deux jours pour réviser son soutien à Philippe Duquesnoy…

En plus d’être gêné aux entournures par son mauvais bilan et ses petits secrets budgétaires, le maire sortant doit aussi se coltiner la stupidité quasi incurable du secrétaire de la section socialiste de Harnes. Celui que l’on surnomme désormais « Le Haineux » dans toute la ville vient en effet d’affubler son compte Facebook d’un commentaire ridicule – un de plus, ce qui ne surprend plus personne ! – en y ajoutant une touche de sarcasmes calomnieux dont il est aussi friand qu’un corbeau guettant sa pitance au bord d’une route.

Après avoir comparé des Harnésiens à des talibans et s’être moqué de façon odieuse d’une militante associative bien connue du monde des personnes handicapées, c’est à Yvan Druon que s’en prend l’ex fonctionnaire de police, l’accusant à tort de ne plus résider à Harnes et inventant une fable au sujet du véhicule qu’il utilise durant la campagne. Comment l’ancien maire aurait-il pu être candidat sans habiter la ville ? Quant au véhicule incriminé, comment quelqu’un d’aussi bien renseigné que « Le Haineux » peut-il en ignorer l’histoire, une histoire marquée par un drame insupportable ?

Le_HaineuxCette petite voiture appartenait à Antoine, le jeune fils d’Yvan et de Martine Druon, décédé il y a deux ans. A défaut d’avoir un gramme de subtilité sous le crâne, le « caporal » à la retraite pourrait au moins user du peu d’intelligence qu’il lui reste pour respecter la douleur d’un père et d’une mère qui ont perdu un enfant à la fleur de l’âge. Mais peut-être est-ce trop demander à un goujat dont les valeurs humaines semblent avoisiner dangereusement le zéro absolu.

A vouloir déverser sa bile, le triste sire nous aura toutefois donné l’occasion de rappeler que, depuis six ans, Philippe Duquesnoy transporte son auguste personne dans un véhicule payé par la ville, entretenu aux frais de la ville et ravitaillé en carburant grâce au budget de la ville. Et puisque le maire PS sortant utilise ce véhicule durant la campagne des municipales pour sillonner la ville, ce sont donc les impôts des Harnésiens qui sont encore mis à contribution en toute illégalité. Comme disait La Fontaine, tel est pris qui croyait prendre…

Bonne continuation et vive le Front de gauche !

Le Piment Rouge

 

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